Oui oui m'sieur, dame.

Aujourd'hui est un très grand jour. Paske aujourd'hui n'est pas le jour où j'ai décidé de re-bloguer. Ah non, ça je l'ai décidé depuis... pfiouuuu au moins deux mois.

Non.

Aujourd'hui est le jour où je me suis sorti les doigts de ma dix-septième lettre (êêêêê) et écrit une note de blog.

Voilà.

Enfin, non seulement j'écris une note de blog, mais en plus je raconte un truc !

Ahem (et je m'éclaircis la voix sur mon clavier si je veux)

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Nous sommes donc en décembre 2012, je suis à la gare de GrolandVille et je vais chercher un pote qui reste le week-end. J'ai trente minutes d'avance, il commence à faire faim, et j'ai envie d'aller... vidanger un peu. Et non, je ne vais pas vous faire passer par tous mes états physiologiques, mais c'est important pour la suite.
Je me dis que je passerai bien par les petits coins de la gare, mais je me rappelle aussi de ma première visite de ces lieux, il y a quelques années, quand une miction imminente m'a fait descendre voir la fameuse dame pipi. J'y trouve des tourniquets et me rends compte que l'entrée coûte 1€50

...

UN EURO CINQUANTE.

- Euh... m'dame la Dame Pipi, 1€50 ? C'est une erreur ? Vous avez laissé le prix en francs grolandais ?
- Non, le prix est bien en €. Mais nos toilettes sont im-pec-ca-bles, on pourrait manger par terre.
- Ah oui. Mais non. Moi là en fait je viens pas pour y manger, hein ?

(fin du flashback) (oui, c'était un flashback) (suivez un peu, merde)


Puisque j'ai aussi faim je pourrais joindre l'utile à l'agréable et faire les deux au même endroit. Oui enfin non, pas tout à fait au même endroit, mais sous le même toit... Enfin bref, vous m'avez comprise.

Un peu loin, il y a un McMachin, endroit idéal pour manger un truc pas trop cher et faire un pipi gratos. Comme je suis une fille et que j'ai une vessie de souris, ce serait bien que j'aille aux kiottes avant d'aller manger histoire de pas danser ridiculement sur mon tabouret pendant tout le repas. J'entre donc, me dirige vers l'escalier des kiottes, et... ah bah non. Code ? Pfff même pas. Au Groland nous aimons compliquer la vie de compatriotes.

Au McMachin du Groland, tu mets une pièce de 1€, tu récupères un ticket, tu vas faire ce que tu dois faire, tu vas commander à manger et on te déduit l'€.

Bah wé c'est facile.

Sauf que j'ai pas 1€.

J'ai même pas de fric, en fait. Et passer au distributeur était aussi sur la liste des trucs à faire avant d'aller chercher mon pote. Et comme j'ai une mémoire de poisson rouge amnésique, j'ai oublié.

Sauf que là, ça urge, si je ne suis pas au dessus d'un kiotte dans les 3 mins, je fais pipi, là, au miyeu du resto (bonjour m'sieur, dame).

Donc direction le comptoir, presque personne, c'est déjà ça.

- Bonjour, je voudrais aller aux toilettes puis commander à manger, dans cet ordre, mais comme je compte payer par carte, y'aurait-il une autre possibilité ?

- Pardon ? (Enfin non, elle n'a pas dit "pardon" elle m'a adressé un regard bovin avec la lèvre supérieure en suspension... j'ai extrapolé)

- Bonjour, je voudrais aller aux toilettes puis commander à manger, dans cet ordre, mais comme je compte payer par carte, y'aurait-il une autre possibilité ?

- Jean-Jacques, amène la clé des toilettes ! La dame voudrait y aller mais elle a pas d'argent !!! 

 Bon, le restaurant entier me regarde... chuis sûre que si j'avais fait pipi au miyeu du restaurant comme prévu, ça aurait été plus discret.

On suit donc le gérant, qui m'escorte jusqu'à l'entrée des kiottes et m'ouvre le tourniquet. Je me suis sentie comme une ado quand les parents viennent nous chercher à une grosse fête. En savattes et bigoudis. Tu la sens la marche de la honte ?

Bon. Bref. Quelques minutes plus tard, je remonte et me retrouve dans les escaliers face à quelqu'un qui s'apprête à passer le tourniquet. Il va mettre une pièce ?

Non.

Il tend le bras à l'intérieur et ouvre le bouton qui permet la sortie, débloquant le tourniquet, et entrant, sans payer. Et sans ameuter le restaurant.

Parfois on pense pouvoir passer entre les gouttes, on se dit qu'on est presque en tête du troupeau, que finalement notre cas n'est pas si désespéré. Et pis comme ça, bêtement, le karma revient nous remettre à notre place, et nous faire réaliser cette chose toute simple :

Ah, putain. Je suis un boulet.