Réussir ses rouleaux de printemps ( méthode pifométrique et néanmoins délicieuse) (enfin très bonne) (enfin gustativement intéressante)

J’aime la cuisine asiatique, beaucoup, passionnément même. Mon manque de motivation légendaire ne me permettant pas de réussir beaucoup de plats moi-même, ce n'est pas toujours évident. Mais il suffit de faire un inventaire dans ma cuisine pour constater qu’il y a plus de sauce soja que de ketchup, plus de feuilles de nori que de lasagnes et plus de nouilles de riz que de nouilles tout-court. Bref, vous m’avez comprise.

En ce moment (enfin si je ne mets pas 6 mois à publier cet article) il fait chaud sa mère, et à part le barbecue, rien de chaud ne semble comestible ! Bref, au bout de quelques semaines on a épuisé toutes les recettes de salade que l’on connaît et on se dit que changer de registre serait pas mal ! Depuis quelques jours je ne pense à presque qu’une chose : Des rouleaux de printemps !

Mon dealer habituel sévit bien loin de chez moi… du coup, n’ayant pas envie d’emprunter une longue route parsemée de camping-cars bataves, je fais avec les moyens du bord.  

Je vais me les rouler moi-même.

J’adore les défis.

 J’avais commencé le shopping vendredi, mais faute de pousses de soja, j’ai repoussé la préparation au lundi.

 Bref

Il est 19h, vous crevez la dalle, et vous voulez vous lancer dans l’aventure.

Il vous faut (enfin, j’ai utilisé) :

-          Des grosses crevettes (j’ai pas de gabarits détaillé, on va dire plus grosses qu’une crevette grise et moins grosses qu’un homard).

-          Du poulet (fermier, jaune, élevé au grain, français, belge à la limite, bio… oui en barquette, ça marche aussi).

-          De la coriandre fraîche.

-          Des pousses de soja.

-          Des feuilles de riz (ça se complique)

-          Des nouilles de riz (là, je ne peux plus rien pour vous)

C’est à partir de ce moment que les puristes vont commencer à se scandaliser et se déchaîner dans les commentaires que ‘Oh mon dieu, non, sacrilège, blasphème, on ne fait pas comme ça !!!’. Je calme de suite les esprits en rétorquant que je fais à manger comme JE veux, pask’au final, celle qui mange c’est moi !

Merde.

 La première étape c’est la cuisson. Du poulet (pask’à ce jour, on a pas encore démontré les bénéfices de la salmonelle) (alors il sera cuit). Votre poulet, vous l’assaisonnez, et vous le passez à la poêle pour le cuire de manière homogène. On le cuit hein ? On ne le grille pas.

Ou alors.

Ou alors, vous avez la méthode SuperFeignasse, déballage des filets, jetage dans croonde, 3 minutes et c’est plié. Blanc, caoutchouteux à souhait. Une merveille !

Tant que vous y êtes, vous pouvez cuire aussi les nouilles de riz, paske cru c’est un peu trop croquant. A la différence des pâtes classiques qui connaissent 5 états (fraîches, crues, al dente, fondantes et porridge), les nouilles de riz n’en connaissent que 3 (crues, cuites, gélatine). La différence entre le 2e et le 3e état, c’est très exactement 4 secondes. Ou alors une notification FB dans mon cas.

Bref, les nouilles sont (trop) cuites, le poulet (à peu près) cuit, les autres ingrédients restent tels quels, il est temps de passer au montage.

Petite précision, les feuilles de riz une fois mouillées, ont un coefficient de chiantitude assez élevé, si vous avez la dextérité d’un parkinsonien sous caféine, faites-vous une salade, ce sera plus rapide.

Préparez bien vos ingrédients, poulet découpé en lamelles, crevettes coupées en deux (si vous possédez un félin, il vient normalement de se téléporter sur votre plan de travail), coriandre, pousses de soja, nouilles dans l’égouttoir, et saladier d’eau.

Donnez une crevette à votre chat pour avoir la paix 30 secondes (et le faire descendre du plan de travail, c’est dégueulasse, merde).

Trempez une feuille de riz, EN AUCUN CAS vous ne devez l’essorer comme une serviette, je répète EN AUCUN CAS !!! Les conséquences pourraient être désastreuses !

Placez-la sur une assiette, tapissez un petit carré de feuilles de coriandre, 2 crevettes puis du poulet, un peu de pousse de soja, et un peu de nouilles. Une mini pièce montée en rectangle de 10 cms sur 4.

Puis vient la phase de roulage, sauf que chez moi ça devient du pliage.

Oui, paske dans les petits restos chinois, le rouleau de printemps ressemble à vrai rouleau ! Il tient dans la main et ne bouge pas.

Si j’entame le roulage, la feuille de riz se déchire et tout fout l’camp. À la 4e tentative je me retrouve en position fœtale dans ma cuisine, pleurant mon incompétence.

Alors je plie. Un côté, les deux bouts, et l’aut’ côté.

Continuez jusqu’à épuisement des stocks.

Voilà, si normalement, vous avez suivi toutes ces étapes, vous devriez avoir (comme moi) un petit tas de parallélépipèdes pas très rectangles, tout mous, et parfois un peu croquant car vous avez négligé l’humidification de certaines feuilles.

Mais c’est bon (enfin comestible) !

Attation ! Je dois attirer votre attention sur la capacité d'absorbtion de la feuille de riz humide, elle a tendance à fusionner avec tout ce qui a des fibres, y compris le papier absorbant. C'est con, c'est exactement ce que j'ai utilisé pour les séparer.


Attation no. 2 ! Votre félin aura bien compris que sous cette fine couche transparente il y a de la viande et de la crevette, il n'aura aucun scrupule à les dépiauter sous vos yeux.


Vous voilà prévenus.